«Plutôt que de nous casser avant même qu’on démarre, on devrait nous soutenir…». Zacharie El Majdoubi, Omar Boussabata, Amine Lahcen et Jimmy Legros sont tous les quatre membres actifs de Jeunes 100 Frontières, l’association qui devrait être amenée prochainement à gérer en partie le local jeunes de La Rochotte. Une éventualité qui a conduit Patrick Lefèvre, lors du dernier conseil municipal, à mettre en garde le maire Luc Chatel sur ses responsabilités en cas d’incident (lire ci-contre). Et Michel Prost, le directeur de la MJC, à déclarer qu’il avait peur de ce qui allait se passer.
Les responsables de «Jeunes 100 frontières» ont déjà réagi à ces propos dans nos colonnes la semaine dernière. Mais ils ont tenu à rencontrer L’affranchi pour expliquer leur démarche.
«On a demandé à ce que le local soit repris par la ville»
Ils précisent qu’ils ont créé l’association en juillet 2007, c’est-à-dire bien avant les élections municipales. Et s’ils l’ont fait, c’est parce que la façon dont la MJC gérait le local jeunes ne leur convenait pas. «On n’avait rien à reprocher à l’animateur, bien au contraire, on souhaitait qu’il reste», soulignent-ils. «Mais on trouvait qu’il y avait un manque de propositions. Et toutes les idées qu’on pouvait formuler étaient rejetées par la MJC. C’est pourquoi on a demandé à ce que le local soit repris par la ville».
«Avant les élections, on a envoyé une lettre à chaque candidat, ainsi qu’à Jean-Claude Daniel», ajoutent-ils. «On a été reçus par Philippe Debref et Luc Chatel, mais on n’a jamais eu de réponse de la gauche…»
L’association affirme ne pas vouloir faire de politique. Mais elle considère que l’ancienne municipalité n’a pas fait grand-chose pour les quartiers. L’un de ses membres s’est retrouvé sur la liste de Philippe Debref. Et aujourd’hui, tous se félicitent de l’écoute de la nouvelle municipalité. Il faut dire aussi que le président de Jeunes 100 Frontières, Marc Nédélec, est le fils d’une conseillère municipale élue sur la liste de Luc Chatel…
Une gestion en autonomie sur certains créneaux horaires
Cela n’a pas empêché les membres de Jeunes 100 Frontières de participer à la manifestation pour la défense du local jeunes qui s’est déroulée le 30 décembre. «On a manifesté pour qu’il ne soit pas fermé définitivement, mais pas pour qu’il reste confié à la MJC», tiennent-ils (évidemment) à préciser. Reste que beaucoup d’autres manifestants souhaitaient continuer avec la MJC et se rendent désormais au centre-ville…
Début janvier, l’association a fait partie de la «délégation de jeunes» reçue par Luc Chatel. «On est partis sur l’idée d’une gestion de la municipalité en collaboration avec nous», explique Zacharie El Majdoubi. «Et ils nous proposent une gestion en autonomie sur certains créneaux horaires, non pas jusqu’à 2 heures du matin comme il a été dit au conseil municipal, mais jusqu’à 22 heures».
En attendant, après plus d’un mois de fermeture, le local jeunes ne rouvre pour le moment que le mercredi, de 14 h à 18 h, sous la responsabilité du service jeunesse de la ville. «Ça ne peut pas se faire du jour au lendemain», argumentent les membres de Jeunes 100 Frontières. «On est en train de monter le projet avec la mairie et on commence à rédiger une convention… Au début, on sera avec les animateurs de la ville. On ne sera pas tout de suite en autonomie».
Travaux, ateliers emploi, slam, rap, etc.
Depuis sa création, l’association –qui s’est fixée pour objectif de «rassembler les jeunes des différents quartiers, pas seulement celui de La Rochotte, et de mettre en place des animations avec eux»- se vante d’avoir organisé des tournois de foot, une soirée couscous ou encore des activités en lien avec Tremplin 52 et Chaumont Habitat. «On va aller chercher les jeunes et on va essayer de les motiver», affirment Zacharie El Majdoubi, Omar Boussabata, Amine Lahcen et Jimmy Legros. «On va faire des travaux d’embellissement au local, on va essayer de mettre en place des ateliers emploi, des ateliers d’écriture, des animations slam et rap, et des activités sportives comme le futsal. Ce serait bien de pouvoir commencer pendant les vacances de février. Il y a des attentes. On voudrait aussi favoriser la mixité et ouvrir le local aux jeunes mamans».
Cerise sur le gâteau : l’association «Jeunes 100 Frontières» affirme être prête à travailler avec la MJC sur certains projets…